[Roman] Park Life de Yoshida Shuichi

roman-park-life-de-yoshida-shuich-couverture« Je ne savais pas encore exactement ce que j’étais venu faire ici. Mon regard est revenu vers la mare de Shinji pour la contempler. Elle a dit : « Lorsqu’on regarde la mare d’en haut, on y lit l’idéogramme du coeur, non ? » Maintenant qu’elle me le dit, c’est vrai qu’il y a quelque chose. J’ai essayé de superposer l’idéogramme Shin sur la mare… »

Il y a de ces romans qui ne racontent pas grand-chose, mais dont en ressort avec le sentiment d’avoir passé un agréable moment. Écrit en 2002 par Yoshida Shuichi, Park Life est un très court roman nous entrainant dans les pas d’un jeune employé tokyoïte, au grès de ses rencontres au sein du parc de Hibiya et de ses soirées dans l’appartement de ses amis, qu’il occupe en compagnie de leur singe. Ses pauses déjeuners dans le parc l’amèneront à y croiser une triathlonienne consommatrice de bains moussants, un vieil homme qui fait voler un capricieux aérostat rouge dans le but de pouvoir observer le monde autrement, et y retrouvera une intrigante femme croisée dans le métro au détour d’une affiche sur le don d’organes. Ils partageront ensemble quelques instants et réflexions au grès de leurs rencontres, plus ou moins prévues.

Pour Yoshida Shuichi le récit est ici mis de côté, comme un prétexte. Il préfère se concentrer sur la poésie du parc de Hibiya, pour nous le présenter sous une autre forme, comme un endroit hors du monde et de la tentaculaire ville qu’il l’entoure. À travers un rythme lancinant, l’auteur s’attarde sur tous les petits à côté de la vie, pour s’attarder sur les observations et réflexions plus ou moins profondes qui en découlent. Bien qu’il ne se passe pas grand chose, le style de Shuichi, fluide et souple, accroche le lecteur à tous ses petits rien du quotidien, ses petites anecdotes et tranches de vie que nous fait partager ce salaryman, dont au final, nous saurons pas grand chose, à part quelques brides de sa vie.

Alors oui, même s’il a été couronné par le prix Akutagawa en 2002 et que sa quatrième de couverture est un peu trop aguicheuse, Park Life n’est pas à prendre comme un grand roman, mais plutôt comme une petite évasion printanière de quelques heures, dans ce parc entre deux-mondes. A lire donc si, comme moi, vous avez l’occasion de l’emprunter.

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