[Review] Crows Zero

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Suzuran, ‘le lycée des corbeaux’, n’est plus un lycée mais un champ de bataille. Une seule loi y règne : celle du plus fort. Tamao Serizawa et sa bande dominent le lycée mais ne le contrôlent pas totalement car d’autres gangs lui disputent le pouvoir en permanence. Mais nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère. Gengi Takiya un nouvel élève fraîchement transféré compte bien renverser l’ordre établi. Il veut tout simplement conquérir Suzuran, ce qui n’est jamais arrivé depuis que le lycée existe. Saura-t-il survivre dans cet enfer ? Ralliera-t-il à sa cause les autres gangs ? Et surtout comment gérera-t-il la confrontation avec Serizawa ?

On le sait, Takashi Miike n’est pas le genre de personne à perdre son temps. A peine Sukiyaki Western Django mis-en-boîte que le stakhanoviste aux lunettes noires se lançait déjà dans la réalisation du film de commande Crows Zero, en s’inspirant  des mangas ultra-populaires Crows et Worst, de Hiroshi Takahashi. Alors que le mangaka avait jusqu’à lors décliné toutes les propositions d’adaptations qui étaient arrivées sur son bureau, c’est finalement le producteur Mataichiro Yamamoto (Azumi I et II, Cyborg Girl, Vampire Hunter D, The Man Who Stole the Sun, Lady Oscar, la série TV Baby Cart,…) qui rafle la mise et lance ce qui est prévu comme une trilogie,  avec à ses commandes l’homme qui tourne plus vite que son ombre. Pour l’occasion Miike s’est vu entourer de belles-gueules bien connues des amateurs de dramas nippons avec entre autre Shun Oguri, Takayuki Yamada et la sublime Meisa Kuroki ainsi que d’acteurs confirmés tel Kyôsuke Yabe ou Kenichi Endo.

Comme le Zero le laisse figurer, ce premier volet ne reprend pas les mangas mais se place en séquelle de l’univers de Mataichiro Yamamoto. Univers que Miike réussi parfaitement et brillamment à mettre en place. Après le flash forward de l’exécution d’un yakuza hurlant le nom d’un certain Genki, et en à peine une dizaine de minutes, nous sommes transportés dans le lycée des corbeaux avec une présentation rapide et intelligente des principaux protagonistes en passant uniquement par l’image (Genki est introduit lorsqu’il inscrit son nom en haut de Suzuran et Serizawa  lors d’une course poursuite avec un inspecteur puis lorsqu’il fait effacer le nom de Genki en haut du lycée pour y remettre le sien) et des enjeux principaux. A partir de là Miike embrasse son sujet et nous offre un métrage  survitaminé en réussissant à transposer à l’écran l’essence de l’univers de Hiroshi Takahashi.

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Dans ce microcosme lycéen où la castagne est une religion, le réalisateur parvient à retranscrire les sentiments des différents protagonistes, mélangeant un amour de et dans la violence, ainsi qu’un véritable respect, comme en témoigne le charisme des principaux leaders, plus fédérateur encore que leur force, et où chacun se bat pour une cause précise : Genki et Serizawa s’affronte pour le contrôle de Suzuran, Tamao pour sa vie sur une table d’opération ou encore le yakuza Ken, luttant contre lui-même.  Les scènes de combat, stylisées et particulièrement réussites, permettent à Miike de s’essayer à des  innovations sonores et visuelles du meilleur effet. Véritablement énervées, ses passages sont un régal pour les yeux, où les coups pleuvent vites et forts, plongeant le spectateur dans un véritable shonen-live. Pour cela Miike utilise de nombreux artifices (accélération de  l’action, bruitages exagérés,…) afin de renforcer ses scènes de combat, faisant des merveilles dans la dernière confrontation du film voyant s’affronter Genki et Serizawa.

Les différents protagonistes s’étoffent aussi au fur et à mesure du métrage, malheureusement pas assez pour nombre d’entre eux, leurs permettant de sortir quelque peu de leur archétype caricaturales Ceci se voit surtout dans la seconde partie du film, où Miike s’arrête plus sur la psychologie de ses personnages et leurs situations, en posant sa caméra pour mieux les observer. On découvre ainsi une galerie de personnages haut en couleurs, avec des acteurs convaincants, dont la palme revient à Oguri Shun.

Malgré toutes ses louanges le film n’est pas exempt de défauts. Des  longueurs et un comique ne faisant pas toujours mouche pèsent sur le rythme du métrage, notamment dans  sa seconde partie. De même Miike ne va non plus au bout de certaines thématiques qu’il effleure ce qui lui aurait permit de s’éloigner de son script.  Sur le côté musical, outre les intermèdes de Meisa Kuroki qui sont, chose surprenante, beaucoup plus écoutables que son album, on retrouve  le groupe de rock nippon The Street Beats, qui signe le musique d’ouverture du film (bien qu’arrivant tardivement) lors d’une scène de concert où Miike  marie admirablement l’aspect sonore et visuel, et celle du générique de fin.

Avec Crows Zero Miike remplie son contrat en nous offrant une adaptation réussite et  une préquelle cohérente à l’univers du mangaka Mataichiro Yamamoto. Malgré ses défauts ,Crows Zero est  au final une vraie bonne surprise, grâce à son univers, ses scènes de baston enragés, ses changements de rythme et les expérimentations assez réussites que Miike. Tout ceci laisse entrevoir de bonnes choses pour Crows II si ce dernier arrive à apporter quelque chose de nouveau sans se contenter de n’être qu’une surenchère du premier volet.

Disponible en DVD chez Wild Side Vidéo

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