[J-Drama] Ikebukuro West Gate Park

Vous ne le savez pas – encore – mais j’en aurai mis du temps à terminer cette chronique. Et pas qu’un peu. Plus d’un an et demi pour tout vous dire. Non qu’Ikebukuro West Gate Park soit une mauvaise série, bien au contraire, mais plutôt à cause de la grosse flemme que j’ai eu au moment de la reprendre, suite à une mise au placard temporaire. Mais, étant donnée qu’IWGP est l’un des dramas nippons m’ayant laissé jusqu’à maintenant l’une des meilleurs impressions, je me suis fait violence pour vous faire partager tout le bien que j’en pense.

Ikebukuro West Gate Park se déroule, comme son nom l’indique, dans le quartier d’Ikebukuro, et nous offre une plongée dans un univers où se rencontrent gamins à la dérive, yakuzas, filles perdues et clandestins, dans le Japon de l’envers. Le parc qui se trouve aux portes d’Ikebukuro est un monde comme hors de la société, régi par les gangs et leurs propres lois. Makoto, 21 ans, est proche d’un gang de jeunes connus sous le nom de G-Boys. Parmi ses amis, il est réputé pour avoir la tête bien sur les épaules et pouvoir se sortir de toutes sortes de situations. Il fait la connaissance d’un ado de 15 ans, Shun Mizuno, doué en dessin, et de deux filles de son âge. Mais alors que débute l’histoire, entre un mystérieux étrangleur qui fait son apparition, la montée en puissance d’un gang rival dans le secteur des G-Boys, et des yakuzas qui tentent d’agrandir et de défendre leur zone d’influence, les capacités de réflexion et de tempérance de Makoto sont rapidement mises à rude épreuve…

Comme souvent à la télé nippone, il n’y a pas été nécessaire d’aller chercher bien loin pour trouver l’inspiration, puisqu’il s’agit encore d’une nouvelle adaptation. A l’origine, Ikebukuro West Gate Park est un roman de Ishida Ira, publié en 1997 au Japon, et qui a permis à son auteur d’accéder à la célébrité. Il s’est même vu décerner le prix Orû Yomimono, le grand prix de littérature policière au Japon. Rapidement, le bouquin a été adapté en manga (quatre tomes – publié en France chez Asuka), suivit par la publication de deux volumes supplémentaires, toujours sous la plume d’Ishida Ira. Les trois volumes sont d’ailleurs disponibles en français aux Editions Philippe Picquier. La version drama, quant à elle, fut diffusée d’avril à juin 2000 sur la TBS.

Ce qui marque le plus lorsque l’on débute la série, c’est le fait que la majorité de l’action se déroule la nuit. Cela pourrait n’être qu’un détail à première vue, mais au final cela change quelque peu la donne. L’ambiance s’en retrouve plus sombre et froide, les décors bétonnés et saturés englobant les protagonistes, le tout renforcé par une ambiance sonore pesante. De même, Tsutsumi Yukihiko, Isano Hideki, et Kaneko Fuminori, les trois réalisateurs qui se sont succédés derrière la caméra, multiplient les prises de vue à la première personne pour tenter de renforcer l’identification des téléspectateurs aux différents protagonistes. On dénote aussi une utilisation répétée de travelings saccadés et de nombreuses alternances entre différentes valeurs de plans pour rendre le tout dynamique. C’est extrêmement agréable et change de la mise en scène plate et chiante que l’on doit se taper dans bons nombres d’autres dramas.

Là où j’ai été également agréablement surpris, c’est qu’IGWP réussit à éviter, comme on aurait pu le craindre, le gnangnan que peut accompagner un sujet comme celui là. Ici c’est plutôt débauche, tabassages, drogue, guerre des gangs, arnaques, vols ou règlements de compte. Mais, même si IWGP nous offre une plongée au sein d’un univers sombre, où se toisent et s’affrontent  flics dépassés, ripoux, ados à la dérives, clandestins, ou encore yakuzas, il n’en reste pas moins de nombreuses scènes beaucoup plus légères, notamment celles où la mère de Makoto est présente ou se déroulant dans la boutique/maison familiale. De plus, comme le laissait entrevoir le pitch de départ, nous avons le droit à un entremêlent de différentes intrigues. On passe par exemple d’une guerre des gangs à une lutte d’influence entre familles yakuzas, en transitant par des Love Hotels, le tout en gardant en fil rouge l’ombre du mystérieux étrangleur planant sur Ikebukuro ainsi que les différents événements se tramant autour des G-Boys. Chaque épisode développe donc en générale une intrigue propre agréable à suivre.

L’autre bon point de la série est sans conteste ses personnages, qui se révèlent assez charismatiques et  »décalés ». Que ce soit Makoto, le King ou encore l’inspecteur Yokoyama, chacun dégage quelque chose. Outre leur écriture, ses personnages sont portés par un casting solide avec en têtes d’affiches des bouilles bien connues qui ont déjà fait leurs preuves. En tête on retrouve Tomoya Nagase (My Boss My Hero) qui nous gratifie encore une fois d’une très bonne prestation. Il nous offre quelques séquences assez comiques comme celle où il doit se connecter à  internet pour la première fois afin de se rendre sur un site où de charmantes demoiselles s’exhibent devant leur webcam. On retrouve aussi Kubozuka Yosuke, excellent en King, et Yamashita Tomohisa en petit jeunot (15 ans à l’époque). S’ajoute aussi entre-autres Koyuki Katō, le musicien Kitar, ou encore, et c’est assez surprenant, Ken Watanabe (Bakumatsu jyunjyoden, Lettres d’Iwo Jima,…) qui revenait alors au petit écran. Il ne faudrait pas non plus oublier des guets de choix tel  Shun Oguri ou encore la chanteuse Yuko Ando.

N’ayant pas encore lu le roman de Ishida Ira, dont les échos sont excellents, je ne peux le  comparer à cette adaptation télé (et c’est peut-être tant mieux). Même si ce n’est pas un incontournable, quoi que, Ikebukuro West Gate Park se place comme une série rafraichissante, abordant de manière beaucoup plus frontale certains aspects plus sombres de la société japonaise trop peu exploités, et loin des dramas bien proprets sur eux que nous servent les networks nippons à longueur de saisons.

Informations – Titre Original : 池袋ウエストゲートパーク / Titre romaji : Ikebukuro West Gate Park / Genre : Drame humain / Format : Renzoku / Épisodes : 11 / Chaine : TBS / Pays : Japon / Année : 2000

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